[PORTRAIT]
Benjamin Tejero est né à Senlis, à une journée à pieds de Paris. Il y a tout juste un an, il décrochait son diplôme à l’Esam de Caen, et prenait la direction de la Tchéquie. Il est jeune, artiste, pleinement amarré à ses émotions. Elles sont des ancres plantées plus ou moins profondément dans l’océan, larguées plus ou moins au hasard. Il plonge les repêcher en apné et remonte à la surface pour nous en donner une idée. Il cristallise des instants de rencontres. Il détricote les passions, en plongeant dans la
matière. Il développe petit à petit un catalogue d’éditions composé de portraits de gens, d’ébranlements, d’évènements… et cela produit une autofiction plastique énigmatique. Montage d’images, de dessins,de céramiques, les entrées sont multiples et une étoffe émerge. Il partage avec nous, dans ce Buzz Pack 47, un sailor mood en goguette. Ouvrez l’oeil, inspectez la pochette, un tattoo s’y cache ! S’il est de notoriété publique que les marins tiennent bien la barre,
alors, surfons sur cette brêche estivale et érigeons l’érotisme gay de Benjamin Tejero en oeuvre d’art. Tom of Finland et Tom de Pékin ont depuis longtemps ouvert une voie, il est enthousiasmant que d’humbles suiveurs la défrichent encore et encore. Elle est infiniment vaste ! Rien de tel pour rester vivant que d’explorer l’érotisme, que l’on soit gay, lesbienne, bi, hétéro… c’est une valeur sûre. Pour paraphraser Audrey Lorde, c’est le siège d’une puissance créatrice d’une force phénoménale. Benjamin Tejero déploie ici son engouement et son talent pour les drapés de tissus, de peau. Il repartira ensuite dans ses explorations, à Paris, Prague, à Bubahof précisément. Assis sur son ponton, les pieds dans l’eau, ses ancres autour de lui, ses pommes de touline, il entend la Fête Noire de Flavien Berger. Le son monte, il plonge, il fait nuit, il fait la planche. Apprivoisées, les pires peurs deviennent des lueurs qu’on aime revoir dans le planétarium de nos émois.


Ecouter La Fête Noire de Flavien Berger
Dessin de Benjamin Tejero
Portrait publié dans le Buzz Pack 47 en septembre 2017 (Caen)
Ecouter le portrait lu, un montage sonore de Louise Ganot